Dans le monde automobile, une « couchette » est un véhicule qui défie les attentes. Alors que la plupart des voitures de performance attirent l’attention avec des spoilers agressifs, des kits de carrosserie larges et des graphismes bruyants, une vraie voiture-lit fait exactement le contraire. Il cache son immense pouvoir derrière un masque de normalité suburbaine, prenant ses rivaux au dépourvu sur la ligne de départ.
La Chevrolet SS, produite pendant seulement quatre ans entre 2014 et 2017, était peut-être l’exemple le plus provocant de cette formule dans l’histoire récente. C’était une centrale musclée déguisée en berline familiale sensée.
Style sobre, performances explosives
Pour l’observateur occasionnel, la Chevrolet SS ressemble à n’importe quelle autre berline à quatre portes chargée de faire les courses ou de déposer les bagages à l’école. Il lui manque les traitements aérodynamiques criards que l’on trouve sur les voitures de sport dédiées, optant plutôt pour une silhouette épurée et sobre.
Cependant, sous cet extérieur sans prétention se cache un cœur construit pour la vitesse. Alors que ses cousines, comme la Chevrolet Impala, s’appuyaient sur des moteurs quatre cylindres ou V6 beaucoup plus petits, la SS était propulsée par un V8 LS3 de 6,2 litres.
Contrairement aux moteurs LT1 plus modernes et axés sur l’efficacité que l’on trouvait dans la Corvette à l’époque, le LS3 était une centrale électrique « à l’ancienne ». Il a donné la priorité à la production brute plutôt qu’à l’économie de carburant, offrant :
– 415 chevaux
– 415 lb-pi de couple
– 0 à 60 mph en seulement 4,5 secondes (lorsque équipé de la transmission automatique)
Cette performance a cependant eu un coût. Le SS avait notoirement soif, l’EPA le classant comme un « consommateur d’essence » important, avec une moyenne de seulement 14 MPG dans la ville.
Le choix du conducteur : manuel ou automatique
Lorsque la SS a été lancée en 2014, elle n’était disponible qu’avec une transmission automatique à six vitesses. Même si la boîte automatique était très performante, Chevrolet a écouté les passionnés et a introduit une boîte manuelle TREMEC à six rapports en 2015.
Cet ajout a transformé la voiture d’un simple moyen de transport en un véritable outil pour le conducteur. Fait intéressant, les tests ont montré que la version manuelle pouvait égaler le sprint de 4,5 secondes de l’automatique à 60 mph, prouvant que vous n’aviez pas à sacrifier la vitesse pour avoir un contrôle total sur vos vitesses.
Une importation australienne de vêtements américains
L’un des aspects les plus fascinants de la Chevrolet SS est son héritage. Malgré l’insigne Chevrolet, ce n’était pas une machine construite à Détroit. Chacune des quelque 13 000 unités produites a été assemblée à l’usine Holden de GM à Elizabeth, en Australie.
Le SS était essentiellement un Holden VF Commodore rebadgé. Cela fait suite à une longue tradition selon laquelle General Motors importe des plates-formes de conception australienne pour satisfaire les goûts américains en matière de performances de propulsion arrière. D’autres « greffes australiennes » notables comprennent :
– La Pontiac GTO (basée sur la Holden Monaro)
– La Pontiac G8 (basée sur le Holden VE Commodore)
– La Chevrolet Caprice
Un héritage grandissant pour les collectionneurs
La Chevrolet SS était un pari qui n’a pas duré longtemps. Alors que l’industrie évoluait vers des moteurs plus petits et plus efficaces, Chevrolet a mis fin à la production après l’année modèle 2017.
Cependant, sa rareté et sa dynamique de conduite unique ont permis à sa valeur de se maintenir remarquablement bien. Bien qu’il ait été lancé avec un prix de départ d’environ 44 000 $, des données d’enchères récentes montrent que des exemplaires bien entretenus peuvent atteindre plus de 55 000 $, dépassant ainsi le prix d’origine de leur étiquette.
“La Chevrolet SS était un dinosaure sans vergogne… un chapitre unique dans le segment des berlines-lits modernes.”
Conclusion
La Chevrolet SS demeure une race rare : une berline haute performance propulsée par un V8 qui refuse de faire des compromis sur le caractère ou la subtilité. Alors que les voitures modernes deviennent de plus en plus numérisées et efficaces, la SS apparaît comme une relique célèbre d’une époque où puissance brute et design sobre allaient de pair.






























